La danse physique, vibrante du chorégraphe Édouard Hue transcende les frontières entre réalité et fiction.
Comment grandir et vivre dans un monde grignoté par le virtuel ? Ces deux pièces pour douze danseurs répondent en confrontant le chef-d’œuvre de Stravinski aux enjeux du présent. En explorant différentes facettes de la parentalité, entre sphère intime et exposition au monde, Édouard Hue interroge le rôle fondamental des parents : protéger, accompagner, transmettre, tout en laissant les enfants se construire. Avant la nuit s’ancre dans le réel. À l’heure du coucher, dans l’intimité d’une chambre d’enfant traversée par les rituels du soir. Les gestes ordinaires deviennent matière chorégraphique : rassurer, cadrer, contenir l’énergie débordante. Avec L’Oiseau de feu, le diptyque bascule vers le symbole, la métaphore. Les enfants quittent le réel pour un lieu fascinant et inquiétant. La scénographie aérienne de Yoko Sayama fait naître des personnages vêtus de sombre, empruntés au théâtre traditionnel japonais, pour incarner les ombres mouvantes d’un monde hypnotisé par des mirages.